Zest Of People a l’honneur de vous présenter le film « L’immortel » de Richard Berry qui sera à l’affiche, dans les salles françaises, le mercredi 24 mars. Un excellent polar inspiré d’un fait réel dont le rôle principal est tenu par un Jean Reno inspiré, lui-même entouré d’une pléiade d’acteurs de qualité comme Kad Merad, Jean-Pierre Darroussin ou Marina Fois.
Synopsis : Charly MATTEÏ a tourné la page de son passé de hors la loi. Depuis, trois ans, il mène une vie Kad Merad, Jean Pierre Daropaisible et se consacre à sa femme et ses deux enfants. Pourtant, un matin d’hiver, il est laissé pour mort dans le parking du vieux port à Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente, il ne va pas mourir…
Cette histoire est inspirée de faits réels, mais où tout est inventé, au cœur du milieu marseillais.
Pour tout découvrir sur les coulisses du tournage et sur le film, retrouvez les interviews des principaux intéressés : le réalisateur Richard Berry et l’acteur phare Jean Reno.
Interview de Richard Berry
1/ Aujourd’hui c’est le réalisateur que nous accueillons puisque vous signez votre quatrième film qui s’appelle « l’immortel », un film qui se passe dans le milieu de la mafia à Marseille, avec Jean Reno, un film noir. Pourquoi avez-vous été attiré par cette histoire qui est l’adaptation d’un livre de Franz-Olivier Giesbert ?
J’ai été attiré par cette histoire car j’y ai vu une façon de traiter quelque chose qui m’intéresse énormément et dont je parle dans tous mes films, c’est l’identité. C’est une digression sur l’identité par exemple l’intégration à travers la rédemption de ce personnage, notre volonté d’être intégré et notre difficulté à intégrer les autres. Je trouve que cet exemple et cette histoire qui démontre que ce personnage retiré du milieu depuis 3-4 ans et qui a envie de vivre une vie simple, normale, et qui est rattrapé par son histoire, son destin et à qui on dit : « tu as du sang sur les mains, ça ne partira jamais, le mal c’est le mal, il est en nous il faut l’accepter ». C’est un constat assez terrible, c’est comme si on nous disait tu es juif, tu es arabe, tu resteras toujours juif, arabe, quoi que tu fasses, ça ne changera rien et tu ne peux pas t’intégrer. C’est quelque chose qui me fait peur, je pense qu’il y a une volonté d’être intégré, une difficulté à intégrer les autres. C’est aussi une digression sur ce sujet. Après je trouvais formidable de raconter cette histoire à travers une mafia qui fait partie de notre culture puisqu’elle est Marseillaise, avec cet autre acteur qu’est Marseille et qui joue un rôle très important, et surtout l’histoire de ce type qui passe du stade de voyou au stade de victime emblématique que l’on va surnommer l’immortel.
2/ L’immortel dans la réalité c’est Jacky Le Mat qui est toujours vivant, que vous avez rencontré. Jacky Lemat c’est son surnom en fait il s’appelle Jacques Imbert.En quoi vous a-t-il été utile pour construire ce scénario ?
Que ce soit bien clair, je ne raconte pas l’histoire de Jacques Imbert, en aucun cas. Il n’a jamais vécu ça, j’ai tout inventé avec Franz-Olivier Giesbert qui a déjà inventé une partie de l’histoire dans le livre et moi je me suis servi du livre pour raconter encore une autre histoire. En revanche, le point de départ qui est juste c’est l’histoire de ce type qui un jour de février 1977 et laissé pour mort sur un parking à Marseille après avoir prit 22 balles et y a survécu. À partir de ce moment-là, je me suis permis de raconter cette histoire. La rencontre avec Jacques Imbert a été intéressante à partir de ce qu’il peut nous en raconter aujourd’hui, c’est les effets psychologiques que ça a pu avoir sur lui, la façon dont il pense sa vie. Quand on a été une victime, les victimes d’un crash d’avion ou les victimes de traumatismes, il y a quelque chose d’extraordinaire, survivre après avoir pris 22 balles [...]
3/ L’immortel est vraiment encré dans le genre du film noir, ça marche vraiment très très bien du début jusqu’à la fin, on est vraiment accroché a l’écran, vous n’avez pas eu peur d’aller trop loin dans la violence ?
Je ne pense pas que la violence soit l’écueil, prenons les choses à l’inverse, si j’avais prétendu raconter une histoire de la mafia marseillaise à travers un personnage et que je ne parlais pas de cet aspect là de son fonctionnement, si je n’abordais pas le thème de cette violence quotidienne, banale, je n’aurais pas traité le film, on m’aurait dit c’est quoi, c’est une bluette, c’est « Plus belle la vie » ? J’ai passé un peu plus d’un an à Marseille, entre la prépa et le tournage et le fait que j’aime beaucoup être à Marseille, le nombre de fois où on se ballade dans Marseille et où l’on voit des fleurs ou des plaques a la mémoire de untel et quand tu poses la question, oui il y a un type que s’est fait tué ici sous un pont… C’est une ville comme ça et après quand vous écoutez les gens qui vous parlent de ce qui se passe et de comment ça fonctionne, je suis en dessous de la vérité par rapport à la violence [...]
4/ Richard Berry, c’est Jean Reno qui incarne le héros du film Charly Mattéï et on a l’impression de découvrir un nouveau Jean Reno, ça fait longtemps qu’on ne l’a pas vu comme ça. Vous lui avez mené vraiment la vie dure ?
(Rires) Oui, c’est vrai que j’espère qu’il en garde un bon souvenir mais c’est vrai que je ne lui ai rien laissé passer. Déjà pendant la prépa il était étonné que je lui dise : « Il va falloir t’entraîner ». Il me disait : « Mais pourquoi ? », « Pour que tu sois affûté, en forme », « Mais il n’y a rien à faire dans le film », « Tu verras que si ! ». Je voulais qu’il soit vivant. J’ai débranché le pilote automatique de Jean Reno, c’est à dire Jean Reno qui se met en marche avec talent, la voix, le physique, là c’est finit, on va aller chercher des choses, faire du sur-mesure sur chaque émotion, sur chaque phrase, je ne l’ai pas lâché, on reprenait des phrases, des petits détails. Il a été un acteur extrêmement disponible, très ouvert, où il y avait une véritable confiance et une grande volonté de remettre en question le travail qu’il avait pu faire jusqu’à présent.
5/ Jean Reno est relativement bien entouré dans ce film, vous avez pris des paris audacieux : Kad Merad dans un rôle très sérieux, Marina Foïs en flic, on ne l’avait jamais vue, j’imagine que tout ça ce n’était pas évident non plus ?
Non ce n’était pas évident, vous savez moi je suis acteur, je sais qu’un casting,… Prenons l’exemple de Kad, le personnage qu’il joue, soit on l’incarne à travers un acteur qui évoque tout de suite le méchant de service, le dangereux, le dur et on peut perdre un aspect réel de cet homme ancré dans sa famille, avec sa femme, ses enfants, cette volonté de paraître dans cette société un type intégré, installé et à ce moment là je n’avais pas cette instinct là. Ou alors je fais l’inverse je choisis un acteur qui incarne cette espèce de sympathie, de bonhomie, ce côté très familial, on le voit au début avec ses enfants, sa famille… et puis il y a la petite chose quand il sent la cigarette, lui demande si elle a fumé, il peut péter un plomb et là ça peut être terrible.Et en fin de compte je me suis inspiré d’un personnage de la réalité qui était comme ça. C’est un type qui est extrêmement ancré dans la famille, dans les codes, la société, qui voulait paraître comme un homme d’affaire traditionnel et qui par ailleurs pouvait péter les plombs d’une façon extrêmement dangereuse. Donc j’ai choisi Kad pour ces raisons là, je me suis dis qu’il valait d’abord mieux prendre un acteur qui va évoquer la sympathie et je vais essayer de le pousser dans quelque chose d’extrêmement violent, et Marina ça a été la même chose.
Interview de Jean Reno
1/ Jean vous êtes à l’affiche de « L’immortel », le nouveau film de Richard Berry. Quand on parle d’immortel, on pense aux académiciens, pas aux mafieux, pourtant là on est dans le monde de la mafia à Marseille. En fait ce personnage que vous interprétez, Charles Matteï, est librement inspiré d’un personnage réel qui s’appelle Jacky Le Mat. Vous avez rencontré ce Jacky Le Mat ?
Brièvement, c’est un monsieur qui est d’un certain âge et comme vous l’avez dit c’est inspiré d’un bouquin de Franz-Olivier Giesbert qui relate la vie de cet homme mais ça n’a rien à voir avec sa vraie vie. Donc brièvement, mon but n’était pas d’imiter du tout.
2/ Qu’est ce qui vous a intéressé quand Richard Berry vous a proposé ce personnage ?
La rédemption, je voulais faire un personnage qui a une autre chance de s’en tirer dans la pire des situations, même dans la situation la plus extrême à l’égard d’un certain milieu, un milieu qui n’aime pas du tout les gens qui s’en vont du côté honnête. Je voulais faire quelqu’un qui a une deuxième chance dans sa vie.
3/ Pour tous ceux qui ne connaissent pas l’histoire de ce Charly Matteï, qui est-il exactement ?
Mon personnage est quelqu’un qui est dans le milieu marseillais, on ne sait pas ce qu’il fait exactement, ce n’est pas ça qui est intéressant, c’est quelqu’un qui a rencontré une femme et qui a créé une famille. Il veut s’éloigner de ce milieu, parce que sans doute ça ne l’intéresse plus. Malheureusement il est ramené à l’intérieur de ça. Je ne sais pas ce qu’il fait, s’il fait du trafic de cigarettes, de drogues ou autre, mais il se trouve qu’on voit beaucoup de choses dans le film, on voit ce que font les autres en tout cas. Mais lui il est, pour moi, retiré des affaires, il aime l’opéra et les chevaux et la famille. Je ne sais pas où est son argent, combien il a gagné, quelle a été sa vie avant, puis un jour il prend 22 projectiles et sa vie bascule dans ce que l’on va voir, qui est une épopée. Richard a fait une épopée incroyable avec ce que l’on appelle un faitdivers. Quand on en parle comme ça on croit que c’est un film de plus sur la mafia alors que c’est une oeuvre incroyable.
4/ Vous êtes très très bien entouré dans « L’immortel », Kad Merad, Marina Foïs, Pierre Darroussin.
Ils sont magnifiques, ils sont formidables. Marina joue un rôle, on va être surpris de ce qu’on va voir. Kad aussi et Darroussin aussi. Il y a beaucoup de choses, il y a de la trahison, de la loyauté, de la famille, on traite quand même de grands sentiments, c’est pour ça que j’ai l’impression d’être dans un opéra, vu qu’on entend tout le temps de l’opéra, d’autant plus que le personnage adore l’opéra, ça par contre c’est vrai, on a pris ça du personnage réel et on l’a mis dedans car c’est assez incroyable l’opéra. Parce qu’il y a un moment donné dans la vie où il y a un engagement, dans ce film notamment, a l’égard de Richard. Il y a un mariage avec Richard que je n’aurais pas pu faire avant, parce qu’il attendait les choses à un certain niveau, qui correspondait au niveau qu’il attendait de lui, c’est lui qui a fait ce film magnifique. Moi je trouve ce film vraiment extraordinaire et me laisser aller comme ça à l’intérieur de la douleur de cet homme, c’est un homme qui a très mal, pas physiquement, moralement, c’est en ça qu’il ressemble à beaucoup de gens, c’est pour ça que ça m’intéressait d’avoir une rédemption, parce que c’est la souffrance qui nous mène à vraiment rédempter, il nettoie les écuries d’Augias, les siennes à l’intérieur, dans cette histoire là. Il est certain que par certain côté il sera le même qu’avant, sur 10% il sera le même
qu’avant mais à 90% il aura changé parce qu’il se sera battu pour son fils et sa fille et pour sa femme et ça c’est une épopée extraordinaire. Ca m’a fait penser à « Léon un petit peu, parce que « Léon » est devenu célèbre du fait qu’il n’a pas massacré la petite [...]
5/ Jean lorsqu’il y a des classements d’acteurs, des préférences des acteurs en France, vous êtes toujours dans le trio de tête, dans le classement préféré des français, vous êtes toujours très bien placé. Comment vous expliquez cette popularité, cet amour que les gens vous portent ?
Je ne sais pas, peut être parce que je n’ai pas de haine, je n’ai aucune haine à vendre à personne, je n’ai aucune haine, quand on m’ennuie, quand on me gonfle je vais me mettre en colère mais je n’ai aucune haine, faire du mal c’est quelque chose qui n’existe pas chez moi.
6/ Vous avez tourné le film à Marseille, ce n’est pas totalement chez vous mais vous n’habitez pas très très loin, le Sud de la France c’est quand même une grande partie de votre vie ?
Oui, je connais, quoique Marseille est une ville particulière et qui bouge sans arrêt mais j’ai été très content de sublimer Marseille, les îles, la Cannebière, Notre Dame, j’étais content parce que ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de film aussi fort, parce que c’est un personnage dans le film Marseille, ça ne pouvait être que là-bas que ça se passe parce que c’est assez souterrain Marseille, il y a beaucoup de choses qui se font à Marseille.

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