Cécile de France sera la tête d’affiche de « Gardiens de l’ordre », long-métrage du réalisateur Nicolas Boukhrief qui sortira le 7 avril 2010. Aux côtés de l’actrice belge, on retrouve notamment dans ce film policier Fred Testot (du duo comique Omar et Fred) et Julien Boisselier.
Après la naissance de son premier enfant et son passage réussi au théâtre, la pétillante actrice revient enfin au cinéma.
Cécile de France interprète le rôle de Julie, un simple gardien de la paix ; elle et son collègue vont devoir prouver leur innocence par tous les moyens après avoir été accusés à tort de bavure.
Zest Of People et Tele-Vision.fr vous présentent l’interview de Cécile de France, elle se confie sur son personnage, ses partenaires dans « Gardiens de l’ordre » ainsi que sur ses projets .
Bonjour Cécile.
Bonjour
Est-ce qu’après le bébé, après le théâtre, vous considérez ce film comme un « retour » ?
Je ne le voyais pas comme ça, ce n’était pas une interruption parce que je viens du théâtre donc ça m’a fait du bien de revenir dans ma maison natale. Quant au bébé, j’espère qu’il y en aura d’autres. C’est dans la continuité de la vie.
Si je vous demande de me présenter Julie, qu’est-ce que vous me répondez ?
Julie est gardien de la paix, flic tout en bas de l’échelle, contrairement aux héros qu’on a l’habitude de voir, les flics en civil, qui sont des flics galonnés. Elle est vraiment tout en bas de l’échelle. Elle a quelque chose de sec, c’est un petit soldat solitaire, très intègre. On va voir la rencontre avec Simon, le personnage de Fred Testot, lui aussi gardien de la paix, et avec un autre personnage, à qui il va arriver quelque chose. Ils partent en mission pour un tapage nocturne, et se retrouvent confrontés à quelqu’un qui les attaque. Par légitime défense, on va blesser cette personne, sauf que cette personne est le fils d’un notable et on va être abandonné par notre hiérarchie. Pour nous innocenter et pour garder notre boulot, on va devoir remonter la filière de cette drogue qui a provoqué cette violence décuplée, et qui s’appelle le Sphinx. On va remonter la filière tous seuls, de notre côté, avec l’aide d’un collègue interprété par Stephan Wojtowicz. On va rencontrer Julien Boisselier, qui est le dealer de cette drogue qui rend les gens fous.
Une idée intéressante dans le film, c’est que pour faire triompher la justice et la vérité, il faut transgresser les règles de leur métier. C’est une des choses qui vous a fait tilter sur le scénario ?
En lisant le livre de Bénédicte Desforges, « Flic », un gardien de la paix qui raconte plein de petites aventures de son quotidien, on voit qu’ils sont victimes de leur hiérarchie, que ce rouleau compresseur est assez écrasant quand on est au bas de l’échelle. Comme eux, pour prouver leur innocence, ils sont obligés de faire les choses en cachette. Dans ce genre de métier, quand on est tout en bas, il faut se battre deux fois plus.
Est-ce que vous avez eu besoin, est-ce que c’est votre méthode, d’aller voir des vraies femmes gardiens de la paix ? Comment avez-vous travaillé le rôle ?
On l’a beaucoup préparé. J’ai beaucoup observé, ils sont dans la rue. J’essayais d’observer où elles arrivaient à placer leur féminité dans cet uniforme très viril. Elles y arrivent très bien. Ce livre les a rendus plus humains. Ma vision sur eux a changé. On a aussi appris le maniement des armes, à tirer à balles réelles, les positions de défense et d’attaque… On a fait du karaté, du laser quest, ce genre d’exercices qui réveillent l’instinct de survie. C’était une préparation physique, j’avais envie de transformer mon corps. On avait ces séances de maniement d’armes avec une cascadeuse, Gaëlle Cohen, et avec un flic, qui a vraiment démarré tout en bas, jusqu’à être celui qui va se cacher en haut des immeubles pour protéger les personnes politiques. Il nous a beaucoup parlé, il nous a appris beaucoup de choses sur son métier. Il nous a appris la technique pour que ça soit juste et adéquat.
Il y a beaucoup de femmes flics dans les séries policières à la télé. Au cinéma, c’est plus rare. Vous m’avez fait pensé à ce que faisait Marlène Jobert dans « La guerre des polices » : quelqu’un de très dur mais avec une vraie fragilité. Est-ce que vous vous êtes inspirée de choses que vous aviez vu, peut être dans les séries télé ?
Non, pas spécialement. Dans le scénario, j’aime le fait que ça ne soit pas des super héros, des super flics en civil, qu’ils aient quelque chose de vrai, que ce soient ceux qu’on appelle au secours quand on est dans la merde, ceux qui ont le sale boulot, qui se font jeter des pierres, qui ont une étiquette culturelle. Dans les films, les flics en
uniforme sont assez rares, ont des rôles de figurants, ou bien ce sont les emmerdeurs, des abrutis cérébralement limités, le mec bedonnant avec la moustache et l’accent du sud. La fiction ne colle pas du tout avec la réalité. Là au contraire, il y a quelque chose de plus humain, de plus vrai, et donc plus intéressant.
Premier premier rôle pour Fred, première collaboration ensemble. Comment on fait pour que la sauce prenne ?
Ça a pris tout de suite. C’est quelqu’un de drôle, d’attachant, c’est un super gars. On est très vite devenu amis. C’est toujours un peu pareil dans les films. Si on est complices dans le film, on va vouloir être complices dans la vie. Ça a vraiment été le cas. Je suis toujours épatée par les acteurs qui arrivent à faire les deux. Je serais incapable de faire le SAV. Il a vraiment réussi son défi à lui, d’avoir un rôle sérieux, auquel on s’attache. Il a réussi à amener à son personnage ce qu’il est dans la vie. Il y a une forme de naïveté, de maladresse, une spontanéité qui fait qu’on est attaché à son personnage, on n’a pas envie qu’il lui arrive du mal. C’est un grand acteur.
Et Julien ? C’est l’inverse, c’est le méchant de l’histoire. Il faut maintenir une distance d’acteur à acteur parce qu’il a un rôle de méchant ?
Nicolas Boukhrief ne voulait pas qu’on mange ensemble. En fait, on n’a pas réussi. Je ne suis pas spécialement adepte de ce genre de méthode. Et ce n’est pas possible avec Fred Testot, on rigole tout de suite. Julien et moi on est complètement fans de lui. Il n’y a pas eu de distance. C’est tellement agréable de voir un bon acteur comme Julien arriver à créer un personnage. C’est un vrai travail d’artiste, une oeuvre d’art qui se forme sous nos yeux ébahis. J’aime bien regarder comment font les autres pour construire un personnage. Il a vraiment trouvé. Ses mimiques, sa manière de poser sa voix… C’est assez bluffant.
C’est un polar avec un rôle féminin important. C’est un moment un peu particulier ?
Oui. En tant que spectatrice, c’est le genre de film que j’aime. J’adore ça, ça fait toujours plaisir d’avoir l’opportunité de faire partie des films qu’on va voir quand on paie sa place et qu’on s’installe dans une salle noire.

Un mot de ce qui est à venir, à moins que vous n’ayez signé un contrat qui vous l’interdise. Est-ce que vous pouvez dire quelques mots de ce qui se précise avec Clint Eastwood ?
Le tournage s’est terminé il y a un mois. Ça s’appelle « Hereafter », ça veut dire l’audelà, c’est plus vague, c’est moins défini que l’au-delà, qui est déjà une définition religieuse. Ce n’est pas non plus de la science fiction. Le thème est paranormal mais ce n’est pas un film de fantôme. Il y a trois personnages, interprétés par Matt Damon, et deux jeunes jumeaux anglais de 11 ans. J’interprète une journaliste qui vit une expérience au seuil de la mort et qui va se battre pour raconter et délivrer aux autres son expérience. Les trois personnages ont un rapport avec la mort, mais je ne veuxpas en dire trop.
Clint Eastwood, Matt Damon… Quand on est une jeune comédienne et qu’on se retrouve sur un projet de cette ampleur, comment ça se passe ?
On vit ça comme une chance incroyable. On a l’impression d’être l’élu. C’est un grand privilège. Quand en plus on rencontre des êtres humains exceptionnels et enrichissants sur le plan artistique… J’ai beaucoup appris. Clint Eastwood ne fait qu’une prise. Il y a le trac, l’enrichissement personnel et professionnel… C’est très riche.
Au revoir Cécile, merci.
Au revoir, merci.
Gardiens de l’ordre – Date de sortie cinéma : 7 avril 2010
Réalisé par Nicolas Boukhrief
Avec Cécile de France, Fred Testot, Julien Boisselier…
Synopsis : Lors d’une ronde de nuit qui tourne mal, Simon et Julie, deux simples gardiens de la paix, blessent un jeune cadre qui a abattu sans raison un de leurs coéquipiers. Accusés à tort de bavure et lâchés par leur hiérarchie, ils décident de prouver leur innocence en enquêtant sur la drogue responsable du coup de folie de leur agresseur.
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